Château de Lassay-les-Châteaux vu depuis l'étang, Nord Mayenne

Que faire à Lassay-les-Châteaux : le guide complet

Il y a quatre ans, quand je me suis installé dans le Nord Mayenne, je ne savais même pas qu’un village pouvait avoir trois châteaux en son sein ! Pourtant, Lassay-les-Châteaux, c’est exactement ça : une petite cité de caractère qui doit son nom au pluriel à une histoire mouvementée, faite de sièges, de reconstructions et d’incendies. Aujourd’hui encore, on sent ce passé à chaque coin de rue. Voici tout ce qu’il y a à voir et à faire à Lassay-les-Châteaux, ainsi que mes recommandations après plusieurs années à vivre ici.

Les infos pratiques avant de partir

  • Où se situe Lassay-les-Châteaux : à environ 45 minutes de Laval et d’Alençon, et à 1h15 de Rennes, de Caen et du Mans
  • Durée conseillée sur place : une demi-journée pour l’essentiel, une journée complète avec la roseraie et les alentours…voire plus, si vous aimez les belles randonnées
  • Meilleure période : de mai à septembre pour profiter des châteaux ouverts et de la roseraie en fleurs (pic entre juin et août)
  • Statut : Petite Cité de Caractère

L’histoire de Lassay-les-Châteaux à travers les siècles

Le nom « Lassay-les-Châteaux » n’a rien d’un hasard : la commune, dans sa forme actuelle, est née en 1973 de la fusion de trois anciennes communes (Lassay, La Baroche-Gondouin et Melleray-la-Vallée), mais le pluriel « les Châteaux » est bien plus ancien et vient de trois forteresses distinctes qui ont marqué le territoire : le château de Lassay, le château du Bois Thibault et le château du Bois Frou.

La première fortification sur le site de l’actuel château de Lassay remonte au XIIe siècle. Au début des années 1400, elle est aux mains de Charles de Vendôme, qui commet l’erreur de soutenir les Anglais pendant la guerre de Cent Ans. Un choix qui lui coûte cher : les troupes françaises rasent le château. Il faut attendre 1458 pour que le roi Charles VII autorise Jean II, fils de Charles de Vendôme, à reconstruire l’édifice. Le nouveau château sort de terre en à peine un an, et un barbacane vient renforcer la défense entre 1497 et 1498. C’est peu ou prou le château que l’on visite aujourd’hui : huit tours rondes, des courtines à mâchicoulis, un ensemble remarquablement conservé pour son époque. Il traverse encore une période difficile au XXe siècle, pillé par des réfugiés en 1940 puis endommagé par l’occupant allemand, avant de rouvrir au public dans les années 1950. Il est classé monument historique depuis 1862.

Le château du Bois Thibault, lui, plonge ses racines plus loin encore : une première motte castrale y est édifiée dès le XIe siècle. À partir du XIIe siècle, la famille de Logé en a la charge. En 1423, en pleine guerre de Cent Ans, les Anglais s’en emparent après avoir eu raison des défenseurs écossais venus soutenir la France. Le duc d’Alençon reprend ensuite le château, mais au prix de lourds dégâts. La famille du Bellay (celle du poète Joachim du Bellay) en hérite par mariage en 1429 et fait reconstruire un nouveau château sur les ruines entre 1450 et 1462. Les guerres de Religion l’endommagent à nouveau : les Huguenots s’en prennent notamment à la chapelle et détruisent le mausolée de Louis du Bellay. Le domaine reste dans la famille du Bellay jusqu’en 1751, avant de changer plusieurs fois de mains et de se dégrader progressivement, jusqu’au rachat des ruines par la commune en 1988. Classé monument historique depuis 1925, il ne reste debout aujourd’hui qu’une enceinte rectangulaire flanquée de quatre tours d’angle et une cave voûtée.

Le château du Bois Frou, enfin, est le plus discret des trois, et le moins connu, y compris de beaucoup de Mayennais. Il aurait été construit après 1590, à la suite du mariage de Jean de Madaillon avec Judith de Chauvigné, dame de Bois-Frou. Une description de 1769 due au marquis de Lassay évoque un domaine fastueux : quatre tours d’angle, une fontaine à jet d’eau au centre de la cour, une chapelle dédiée à Sainte-Anne, un pigeonnier à six piliers, des jardins d’agrément avec terrasses et espaliers. Il n’en reste aujourd’hui presque rien : quelques vestiges isolés au milieu de prairies qui furent autrefois des jardins à la française.

Le château de Lassay, la forteresse qui se visite

C’est le plus emblématique des trois, et le seul encore pleinement debout. Ses huit tours rondes et ses courtines à mâchicoulis en font une des forteresses médiévales les mieux conservées de la région : on comprend vite pourquoi il est classé monument historique depuis 1862. La visite permet de parcourir le chemin de ronde entre les tours, et notamment la Tour de l’Atelier, actuellement en restauration. Le château ouvre généralement d’avril à septembre, avec des visites guidées ; certaines années, les dernières visites se prolongent jusqu’à fin octobre avant la réouverture à Pâques. Le château accueille aussi des événements ponctuels : un tournoi de slackline s’y est tenu récemment, et une reconstitution historique « Lassay, Second Empire » y est organisée chaque automne. Je te conseille de vérifier les horaires à jour avant de t’y rendre, car ils varient d’une saison à l’autre.

Le château du Bois Thibault, entre ruines et animation associative

À un peu plus d’un kilomètre du centre-bourg, en direction du Housseau-Bretignolles, les ruines du château du Bois Thibault valent le détour pour leur atmosphère bien différente du château principal : ici, pas de restauration complète, mais une enceinte rectangulaire et ses quatre tours d’angle qui laissent deviner l’ampleur passée du site. L’association culturelle de Lassay-les-Châteaux, qui gère le site depuis le rachat par la commune en 1988, y organise des visites guidées le week-end (samedi, dimanche après-midi et jours fériés) de mai à septembre, ainsi que des animations plus insolites comme des dîners médiévaux ou des chasses au trésor. Un bon plan si tu voyages avec des enfants.

Les ruines du château du Bois Frou, la pépite que peu de visiteurs connaissent

C’est typiquement le genre de lieu que je ne connaîtrais pas si je n’habitais pas dans le coin. Il ne reste presque rien du château du Bois Frou, seules quelques pierres éparses au milieu des prairies subsistent, mais s’y promener donne une autre lecture du territoire : on imagine, à la place de ces champs tranquilles, les jardins à la française, la fontaine à jet d’eau et le pigeonnier décrits au XVIIIe siècle par le marquis de Lassay. Pas d’horaires ni de droit d’entrée ici, c’est un site ouvert, à visiter avec le même respect que n’importe quel terrain privé ou agricole aux alentours.

La roseraie, l’autre incontournable de Lassay

Installée dans l’ancien pré du couvent des Bénédictines, la roseraie de Lassay-les-Châteaux rassemble environ 300 variétés de roses réparties sur deux jardins, reliés par une pergola en bois de 50 mètres de long. Elle est ouverte toute l’année, mais le pic de floraison se situe entre juin et août : c’est le moment où elle est la plus spectaculaire, et aussi le plus agréable pour s’y attarder. Compte une bonne demi-heure de visite si tu prends le temps de lire les variétés, plus si tu es du genre à prendre des photos (ce que je te recommande, la lumière du matin y est particulièrement belle, de même que celle à la tombée de la nuit).

Flâner dans les ruelles médiévales du centre-bourg

Au-delà des châteaux, c’est aussi simplement se perdre dans le centre-bourg qui fait le charme de Lassay. Le label Petite Cité de Caractère n’est pas volé : ruelles pavées, façades anciennes, ambiance qui n’a pas grand-chose à envier avec les villages plus touristiques de la région. Quelques autres éléments patrimoniaux à ne pas manquer si tu as un peu de temps : le jardin médiéval, les lavoirs traditionnels, l’église Notre-Dame du Rocher, et la tombe dite de « la Petite Émigrée » —:une curiosité locale que je te laisse découvrir sur place.

Où poser ses valises

Pour profiter de tout ça sans se presser, mieux vaut dormir sur place plutôt que de faire l’aller-retour à la journée. C’est justement ce que propose Les Hautes Rouves, mon studio en plein cœur de Lassay-les-Châteaux, à deux pas du château et des ruelles médiévales : toutes les infos et la réservation directe sont ici.

(À venir prochainement sur le site : le focus complet sur le château de Lassay, le marché de Lassay-les-Châteaux, et un itinéraire d’une journée pas à pas — je les relierai ici dès qu’ils seront publiés.)

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